Jeudi 11 février 2010
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Les animaux connaissent la musique !
(tiré d'un article de Danièle
Boone www.daniele-boone.com)
Souvent solistes, parfois duettistes, les animaux, araignées, criquets, éléphants, gerris, cigales, orangs-outans, harengs, escargots, loups… n’ont rien à envier à un orchestre
symphonique....
C’est dans leurs cordes
Les araignées jouent de la harpe. Les fils de soie font office de corde. Le mâle ouvre le concert. Il saute sur la soie, la tire avec ses pattes. Son rythme est très
régulier, contrairement à celui, désordonné, de la proie prise au piège. La femelle répond en faisant vibrer à son tour la toile, histoire de dire : «
C’est bon, je t’ai reconnu, tu
peux entrer.!! » Oui, mais les araignées tisseuses étant quasi aveugles, comment localiser la belle ? Monsieur tire les fils de soie avec ses pattes, puis écoute. Plus le son aigu, plus
le fil est court et plus la propriétaire est proche…
Quant au
criquet, il joue du violon en faisant grincer ses ailes sur ses pattes.
Percussionnistes aux rythmes endiablés
L’éléphant ne se contente pas de jouer du clairon avec sa trompe, il communique aussi avec les pieds. Les ondes sismiques qu’il provoque en frappant le sol seraient perçues par ses
congénères à une trentaine de kilomètres à la ronde. Une sorte de tam-tam de brousse.
Les
gerris, punaises d’eau très communes, ont recours à la même pratique. Ils tambourinent littéralement leur message. Si un mâle s’adresse à un autre mâle, souvent pour une histoire de
territoire, il agite rapidement les pattes à la surface de l’eau. Mais s’il s’adresse à une femelle, le mouvement des pattes est beaucoup plus doux !
Certaines
chenilles croisant un congénère, se livrent à un duel acoustique en tambourinant les feuilles de leur mandibules.
Dans le club étendu des percussionnistes, on trouve également les
termites. Si leur nid est soumis à une menace imminente, ils se mettent à cogner en tous sens avec leur tête pour alerter
les autres du danger.
Chez la
vrillette, un coléoptère, se taper la tête contre les murs est un appel amoureux.
La cigale, de son côté, joue des cymbales situées juste derrière la naissance de ses ailes.
Qui imaginerait que même les
escargots réussissent à produire des bruits de castagnettes ? Et pourtant, au cours d’un effort, l’orifice respiratoire situé derrière leur tête émet un
claquement lorsqu’il s’ouvre et se ferme en rythme.
Jamais sans leur micro
Les animaux recèlent parfois des trésors d’imagination côté sono !
L’orang-outan a inventé le mégaphone : il enroule des feuilles pour s’en servir de porte-voix. Quand on n’a pas de main, on se débrouille autrement. La courtilière se place au fond de
son terrier pour chanter : la cavité intensifie le son.
Une grenouille de Bornéo se cale même dans un tronc d’arbre creux afin d’augmenter la portée de son chant !
Parmi les choristes, les
loups ont optés pour la polyphonie. L’honneur de démarrer revient au chef de la meute puis chaque loup, module son chant sur plusieurs notes, tantôt aiguës, tantôt
graves. La règle du chœur est invariable : hurler pendant une à deux minutes. Attendre dix à vingt secondes puis recommencer. Et ainsi de suite. Avec l’écho renvoyé par les collines et les
forêts environnantes, une petite meute de cinq à six individus peut ainsi donner l’impression d’être une vingtaine d’individus.
La nature n’en finit pas de nous surprendre.
Le concert est permanent alors tendons nos oreilles !
Pour en savoir plus lire la Symphonie animale, l’excellent ouvrage d’Antonio Fischetti, docteur en acoustique et journaliste scientifique. Il se lit
comme un roman !
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